Le complexe gingival-stomatite féline est une entité problématique pour de nombreux chats, leurs propriétaires, mais aussi leurs vétérinaires. En effet, il s’agit d’une maladie multi factorielle, dont les causes ne sont pas toutes bien connues, et pour laquelle il n’existe pas à ce jour de traitement efficace à 100% et définitif. En allopathie, on propose de retirer toutes les dents du chats (ce qui ne garantit pas la disparition de la gingivite), de faire des injections de corticoïdes retard mensuelles (agissant pendant 3 semaines environ), voire d’antibiotiques retard, ou d’administrer quotidiennement des corticoïdes par voie orale, ou enfin de donner de l’interféron.

En médecine naturelle, plusieurs alternatives existent, qui sont souvent combinées pour obtenir une amélioration : phytothérapie, homéopathie, compléments alimentaires, thérapie laser. Pour être entretenue, l’amélioration de la clinique nécessite souvent le maintien à long terme d’une partie des thérapeutiques mises en place, il est pour l’instant difficile et rare de trouver un traitement permettant une guérison définitive, et tous les patients ne répondent pas de la même manière aux différentes thérapeutiques. Le traitement vise à renforcer et réguler l’immunité, à désenflammer les muqueuses buccales, et à faire cicatriser les lésions. L’alimentation, la gestion du stress, la restauration de l’intégrité de la muqueuse intestinale et de la flore intestinale sont aussi des facteurs importants à prendre en compte, comme pour toute affection chronique gérée de façon holistique.

Voici à présent quelques cas cliniques pour vous illustrer nos méthodes de soin pour cette affection.

D. est un chat de 14 ans souffrant de gingivite chronique depuis 3 ans lorsque nous le voyons pour la première fois, pour une plaie qui ne cicatrise pas sur une patte. Il présente également une légère insuffisance rénale chronique. D. présente un gingivite modérée, il ne parvient pas à manger de croquettes et est donc nourri avec des pâtées exclusivement. Il a précédemment été traité par injections de corticoïdes retard, mais son insuffisance rénale a nécessité l’arrêt de ce traitement. Un traitement homéopathique sur un mois est mis en place dans un premier temps. Nous revoyons D. deux mois plus tard, car il bave beaucoup. Ne se laissant pas ouvrir la bouche, il est sédaté : nous constatons une inflammation importante des amygdales, et la présence de tartre en grande quantité sur les molaires. D. est détartré, et un traitement à base de gammathérapie (extraits de bourgeons de plantes) est mis en place. Son état s’améliore, et il ne nous est représenté en consultation que 7 mois plus tard : sa gingivite est toujours modérée, mais il bave à nouveau et sa propriétaire s’inquiète. Une série de six séances de laser thérapeutique est débutée en complément de la gemmothérapie. Une bonne amélioration est constatée à la fin des séances de laser : D. se laisse caresser les joues, ce qu’il ne faisait plus depuis longtemps, il mange bien, ne met plus sa patte à la bouche en signe de douleur lorsqu’il mange ou baille. Des séances de laser mensuelles sont réalisées, la gammathérapie est maintenue, et l’état de D. se maintient.

B. est une chatte âgée qui nous est présentée en consultation au début du mois d’août pour dysorexie : elle mange peu, est difficile, sa propriétaire ne sait plus quoi lui proposer. Elle a été adoptée il y a peu, et nous ne connaissons rien de son passé, mais elle n’a quasiment plus de dents, présente une légère inflammation des gencives, et des masses au niveau de l’amygdale droite. Le bilan sanguin révèle une anémie et la présence de protéines inflammatoires. Un mélange de gammathérapie est prescrit, ainsi qu’une cure de spiruline. Nous avons des nouvelles une dizaine de jours plus tard : B. mange beaucoup mieux, elle est plus vive, sa propriétaire est ravie!

C. est un chat trouvé d’âge moyen, adopté récemment lui aussi, donc également sans historique connu. Lorsque nous le voyons pour la première fois, début août, nous constatons une gingivite sévère accompagnée d’une amygdalite importante. Il mange, mais il bave souvent, et sa nouvelle propriétaire est inquiète. Lui sont prescrits : un traitement à base de phytothérapie et gammathérapie, de l’aloes vera, des compléments alimentaires visant à améliorer la flore intestinale et réguler l’immunité, et une série de séances de laser. A l’issue du traitement, C. ne bave presque plus, l’état de sa bouche s’est amélioré bien que la gingivite soit toujours présente, il mange avec appétit, et son poil est bien plus beau qu’au premier jour.

Ces trois cas succincts vous montrent qu’en associant plusieurs thérapies naturelles, une bonne amélioration est possible. Tous les traitements n’auront pas la même efficacité sur chaque cas, et en fonction du caractère du chat, certaines choses seront difficiles à mettre en place : certains n’accepteront quasiment aucun traitement par voie orale alors que d’autres sont très coopératifs, certains ne se laisseront pas faire pour le laser alors que d’autres ne bougent pas, etc. Le traitement est donc adapté à chaque animal, à son caractère, aux éventuelles maladies concomitantes, et à la sévérité de la gingivite.

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