La luxation sacro-caudale chez le chat peut être la conséquence d’un AVP. Elle ne finit pas toujours bien, aussi nous avons voulu vous présenter ce cas. Car il s’est terminé favorablement!

M., une chatte de tout juste 1 an, nous a été présentée en urgence une nuit. Ses propriétaires avaient remarqué des plaies sur une patte arrière et une griffe arrachée sur une patte avant. A son arrivée, elle était très agressive et ne voulait pas se laisser toucher, nous l’avons donc sédatée. Une fois endormie, nous avons constaté qu’effectivement une de ses pattes arrière présentait plusieurs plaies. Il y avait notamment un doigt qui avait été « déchaussé » : la peau autour de la griffe était décollée et comme remontée.

Plaies de M. à son arrivée

De plus, il y avait un large hématome sur la hanche, visible entre les poils. Sur les pattes avant, toutes les griffes étaient cassées, signe que l’on retrouve lors d’Accident de la Voie Publique, quand le chat essaie de se rattraper sur le bitume… Examen du bassin : il ne semblait pas cassé mais, en soulevant la queue, nous avons constaté que l’anus était béant, signe d’un souci neurologique, nous avons donc réalisé une radiographie. Celle-ci a confirmé nos soupçons : un trou béant entre le sacrum et les vertèbres caudales ! C’est ce que l’on appelle une luxation sacro-caudale.

Radiographie montrant la lésion de la colonne

Or, au cœur des vertèbres court la moëlle épinière… Celle-ci avait donc était au mieux étirée, au pire rompue, ce qui expliquait la béance de l’anus. En effet, à ce niveau la moëlle donne naissance à des nerfs qui innervent la région périnéale. Ils permettent notamment l’ouverture et la fermeture de l’anus, mais aussi celles du sphincter de l’urètre…Il était à ce moment impossible de savoir si M. pourrait à son réveil contrôler ses sphincters, et donc uriner et faire des selles volontairement… Nous avons nettoyé et suturé les plaies, puis hospitalisé M., pour la mettre sous perfusion d’antidouleurs.

A son réveil, M. était beaucoup moins douloureuse, et son anus s’était refermé. Cependant, sa queue restait paralysée et au cours de la journée elle se révéla incapable d’uriner seule. Nous avons donc dû vidanger manuellement sa vessie. Nous avons alors expliqué à sa jeune propriétaire que la récupération de ses capacités à uriner et faire des selles était possible mais pas certaine, et si elle advenait pouvait prendre beaucoup de temps. De plus, nous lui avons également expliqué que la queue resterait sûrement paralysée et que nous devrions la couper pour éviter des blessures. Elle a décidé de donner une chance à M.

Nous avons alors mis en place une séquence de thérapie laser. Nous l’avons centrée sur la zone lésée de la moëlle épinière mais aussi sur les plaies suturées de sa patte. En effet, le laser thérapeutique a des propriétés anti-inflammatoires, anti-douleur et cicatrisantes. En parallèle, nous avons donné à M. un traitement à base de phytothérapie ayant des effets anti-inflammatoires, cicatrisants, anti-spasmodiques et stimulateurs de l’immunité (pour limiter les risques de cystite liés à la rétention urinaire). Nous avons préparé un baume anti-bactérien, anti-inflammatoire et cicatrisant aux huiles essentielles pour ses plaies. Nous lui avons également donné de la paraffine pour faciliter l’évacuation des selles.

M. est rentrée chez elle après 3 jours d’hospitalisation. Sa propriétaire a dû apprendre à vider sa vessie manuellement (en appuyant dessus pour forcer la sortie des urines). Elle devait le faire deux fois par jour, malgré le caractère peu coopératif de la chatte. M. avait fait des selles une fois avant de partir, grâce à un laxatif.

Sa propriétaire a courageusement réalisé tous les soins prescrits à la maison, et nous avons continué les séances laser. 3 jours après sa sortie, nous avons réalisé un lavement rectal, car elle ne parvenait pas à faire de selles. Lors de la séance de laser suivante, 4 jours plus tard, soit 10 jours après son accident, la propriétaire de M. nous a annoncé que celle-ci faisait des selles tous les jours, mais qu’elle avait aussi commencé à uriner toute seule ! Elle nécessitait encore une vidange de sa vessie une fois par jour, mais c’était tout de même très encourageant ! Les plaies de sa patte cicatrisaient par ailleurs très bien.

La situation a continué à s’améliorer progressivement. M. faisait des selles normalement. Elle n’a bientôt plus nécessité de vidange de sa vessie, même si elle faisait encore ses urines de façon pas toujours bien contrôlée. Nous avons pu programmer la caudectomie, un peu moins d’un mois après la première consultation.

M. a maintenant bien cicatrisé, et repris sa vie de chat, ses sorties dans le jardin et ses jeux ! Une histoire qui finit bien, grâce à la persévérance et au courage de sa propriétaire et de sa famille! Une histoire aussi qui donne un beau message d’espoir pour les chats victimes d’accidents de la voie publique ! (car des cas similaires au sien ne sont malheureusement pas si rares…)

Une histoire qui illustre aussi les possibilités des thérapies naturelles, qui complémentent efficacement la médecine conventionnelle. M. a reçu au total 6 séances de thérapie laser. Celles-ci ont certainement contribué à la cicatrisation des nerfs endommagés, ainsi qu’à celle des plaies de sa patte. Le traitement en phytothérapie et les huiles essentielles ont aussi contribué à la cicatrisation, et à la récupération de M.

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