Vous n’êtes peut-être pas familiers avec le terme « physiothérapie ». En effet, en médecine humaine, on emploie plus volontiers le terme de « kinésiothérapie ». Pourtant, celui-ci est en fait réducteur : il signifie « thérapie par le mouvement » : massage, étirements, mobilisations passives ou actives, travail de proprioception. En revanche, que la physiothérapie signifie « thérapie par des moyens physiques » : elle englobe non seulement la kinésiothérapie, mais aussi l’hydrothérapie, la thérapie par le froid ou la chaleur, la balnéothérapie, l’électrothérapie, etc. Si vous êtes déjà allés chez le kiné, vous aurez donc compris qu’il s’agit en réalité d’un physiothérapeute, et pas seulement d’un kinésiothérapeute : il utilise lui aussi les ultrasons, les électrodes ou encore les ondes de choc ! Mais alors, quel est donc l’usage de la physiothérapie en médecine vétérinaire ?

Les indications de la physiothérapie en médecine vétérinaire

La physiothérapie vise à restaurer le mouvement et diminuer la douleur lors de problème orthopédique ou neurologique, grâce à l’action conjointe des différentes techniques à la disposition du physiothérapeute. Son action se situe à plusieurs niveaux :

sur les muscles, pour favoriser la trophicité, étirer, lutter contre la fibrose ou l’amyotrophie, relâcher les spasmes, stimuler la contractilité

sur les tendons, les ligaments, et leurs gaines, pour limiter la formation d’adhérences, diminuer l’inflammation, conserver l’élasticité

sur les articulation, pour favoriser la circulation et la production de la synovie, conserver ou augmenter les amplitudes articulaires, limiter la dégénérescence du cartilage, diminuer l’inflammation

sur la circulation sanguine

sur le système nerveux périphérique et central, pour favoriser la conduction nerveuse et la proprioception (perception du corps dans l’espace)

Ainsi, la physiothérapie est indiquée pour un grand nombre de troubles orthopédiques et neurologiques :

elle permet d’accélérer et d’améliorer la récupération en mettant en place une rééducation fonctionnelle après une chirurgie orthopédique telle qu’une réduction de fracture, une chirurgie des ligaments croisés, etc

elle offre une alternative non chirurgicale dans certains cas comme par exemple une rupture de ligaments croisés sur un chien de petite taille, une luxation de la rotule, une hernie discale de faible grade, etc

elle accompagne toute chirurgie de hernie discale pour favoriser la récupération

elle permet la gestion des paralysies ou parésies dues à des lésions nerveuses périphériques, dégénératives ou vasculaires

elle soutient le traitement de l’arthrose, grâce à des techniques analgésiques, à la limitation de l’amyotrophie, à une action anti-inflammatoire, et aide à restaurer le mouvement de l’articulation

elle traite les tendinites et entorses

elle résout les spasmes musculaires et les contractures

elle prépare le sportif à l’effort et aide à la récupération, s’inscrivant dans un programme d’entraînement.

Quel type de patient la physiothérapie concerne-t-elle ?

La gamme des affections traitées grâce à la physiothérapie étant large, elle peut s’appliquer à de nombreux types de patients.

En ce qui concerne l’espèce, chiens et chevaux sont bien sûr les plus concernés, étant utilisés pour le sport. Mais d’autres espèces peuvent en bénéficier, comme les chats, notamment pour la gestion de troubles orthopédiques ou neurologiques traumatiques ou l’arthrose.

De même, un animal peut nécessiter l’aide de la physiothérapie à tout âge : traumatisme conduisant à une fracture, une entorse ou une tendinite, hernie discale, dorsalgie, etc peuvent frapper à tout âge ! L’animal âgé en bénéficiera tout particulièrement, pour le traitement ou la prévention de l’arthrose. L’animal sportif ou de travail également, tout particulièrement s’il participe à des compétitions de haut niveau, aussi bien pour gérer les traumatismes éventuels que pour les prévenir et améliorer ses performances.

Quelles sont les techniques utilisées ?

La première technique mise en œuvre dans toute séance de physiothérapie est le massage : il favorise la relaxation de l’animal, la circulation sanguine notamment au niveau musculaire, le relâchement musculaire, le réchauffement des muscles avant un étirement ou un exercice actif, la résolution des spasmes et contractures, et a un effet analgésique.

Par la suite, des mobilisations des articulations, des étirements, des exercices de renforcement musculaire et de travail de la proprioception pourront être réalisés.

Ces techniques représentent ce que l’on appelle la kinésithérapie. On peut y adjoindre d’autres techniques, faisant appel non plus seulement aux mains du physiothérapeute mais à des instruments plus ou moins sophistiqués, et à divers moyens physiques :

  • la chaleur ou le froid, pour la gestion de la douleur et de l’inflammation, la stimulation de la cicatrisation, la réduction des spasmes
  • les ondes sonores avec les ultrasons, pour l’analgésie, la cicatrisation, la réduction des spasmes
  • les courants électriques avec l’électrothérapie, analgésique ou de stimulation neuromusculaire
  • la lumière avec le laser, etc.

Mise en place d’un programme de physiothérapie et rééducation fonctionnelle

Comme vous le savez si vous avez déjà eu recours à un kiné (qui est en fait un physiothérapeute!), une seule séance est rarement suffisante lors d’affection locomotrice. Cela peut suffire s’il s’agit simplement de lever des contractures et soulager des douleurs sur un animal ne souffrant pas de problème locomoteur particulier, mais dans le cadre d’une rééducation fonctionnelle, plusieurs séances seront nécessaires. Le nombre de séances sera bien sûr fonction de l’affection, de sa gravité, de l’état général de l’animal. Par exemple, en post-opératoire d’une rupture de ligaments croisés, deux ou trois séances, accompagnées d’exercices à la maison, pourront suffire, tandis qu’une rééducation suite à une hernie discale ou une autre lésion nerveuse peut prendre plusieurs mois, à raison d’une ou deux séances par semaine !

La première consultation de physiothérapie permet de faire un bilan lésionnel, et de déterminer le programme à mettre en place : choix des techniques à utiliser, estimation du nombre de séances à prévoir et de leur échelonnage. Par la suite, bien sûr, l’évolution clinique permettra d’adapter le programme initial.

Un atout majeur dans les traitements au long court : l’implication du propriétaire !

Le traitement d’une affection locomotrice, notamment neurologique, peut être long et contraignant. La rééducation d’un animal paralysé, par exemple, peut prendre plusieurs mois, au cours desquels les propriétaires doivent déplacer l’animal pour ses besoins, voire le faire uriner ou déféquer, veiller à éviter la formation d’ulcères aux points de pression, conduire l’animal régulièrement chez le vétérinaire… Il est aussi primordial que les propriétaires poursuivent les exercices de physiothérapie à la maison, car les membres paralysés doivent travailler tous les jours si l’on veut espérer une récupération de la mobilité. Cela demande du temps, et nécessite donc une forte motivation des propriétaires et une grande implication dans le traitement de leur animal, travaillant de concert avec le vétérinaire physiothérapeute.

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