M. est un chat castré de 4 ans, qui nous est présenté en consultation car il n’a pas uriné depuis 3 jours. En réalité, M. a été hospitalisé dans un autre établissement vétérinaire une semaine auparavant, car il ne parvenait pas à uriner : il avait un bouchon au niveau de l’urètre, et le blocage de son urètre a dû être levé sous anesthésie générale, au cours de laquelle une sonde urétrale a été mise en place. M. est resté 5 jours en hospitalisation, avant de rentrer chez lui. Cependant, une fois à la maison, il ne parvenait à faire que quelques gouttes d’urine teintées de sang, après être resté 15 minutes dans sa litière, avec des efforts qui le faisaient pleurer. Ses propriétaires nous ont donc appelés à la fin du weekend : il n’avait alors pas uriné depuis 3 jours.

M. présentait bien sûr un globe vésical : une vessie dilatée par les urines, dure comme une pierre, et douloureuse. Son urètre était à nouveau obstrué. Il était aussi légèrement déshydraté, et son haleine laissait présager une insuffisance rénale, liée à l’impossibilité d’élimination des toxines (urée et créatine notamment) par les urines.

Nous avons posé un cathéter et endormi M. afin de lui mettre à nouveau une sonde urétrale : l’urètre présentait un léger bouchon à quelques centimètres de l’abouchement, mais surtout un spasme très important. Une fois la sonde en place, le vessie a été vidangée de 130mL d’urines très concentrées et légèrement hémorragiques, puis rincée. M. a été placé en hospitalisation, avec une perfusion à haut débit.

Un bilan sanguin a révélé que les paramètres liés au fonctionnement du rein, l’urée et la créatinine, étaient tellement élevées qu’elles étaient indosables, ce qui confirmait l’insuffisance rénale. Le phosphore était lui aussi indosable, ce qui est généralement le cas lorsque l’insuffisance rénale est chronique (c’est-à-dire qu’elle évolue depuis un certain temps).

Le débit de perfusion élevé a permis de favoriser l’élimination des toxines et donc de soulager les reins, ainsi que de « lessiver » la vessie. Une mélange à base d’huiles essentielles anti-spasmodiques, anti-inflammatoires et antibactériennes a été préparé, pour être appliqué sur la zone périnéale et vésicale matin et soir, afin de soulager le spasme de l’urètre qui empêchait l’élimination des urines. Une préparation en phytothérapie, avec des plantes anti-spasmodiques, anti-inflammatoires, stimulatrices de l’immunité et de la diurèse (élimination par voie urinaire), a été donné par voie orale matin et soir. Enfin, un comprimé destiné au soulagement du spasme des voies urinaires a été administré par voie orale matin et soir.

Grâce au sondage et au traitement mis en place, lorsque la sonde a été retirée 48h plus tard, et qu’une prise de sang a été refaite, les paramètres rénaux étaient revenus dans la norme. M. a recommencé à uriner, et a pu rentrer chez lui après 48h supplémentaires de surveillance chez nous.

M. est sorti avec son traitement à poursuivre, ainsi qu’un traitement à base de plantes pour soutenir la fonction rénale. Son régime alimentaire va également être modifié. En effet, une alimentation de mauvaise qualité est un facteur favorisant la formation de calculs urétraux. L’obésité et la sédentarité en sont deux autres, mais M. n’en était pas affecté. Dans son cas c’étaient principalement ses croquettes, achetées en supermarché, qui ne convenaient pas.

Le cas de ce mois-ci vous montre que les thérapies naturelles peuvent aussi être utiles dans les cas aigus et urgents tels que les bouchons urétraux avec globe vésical et insuffisance rénale, et pas seulement dans la gestion de cas chroniques, de plaies ou d’affections locomotrices!

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